Bénin-Législatives 2019: des députés de l’opposition saisissent le Parlement européen

Falilatou Titi
publié le Apr 22, 2019

Les députés Eric Houndeté, Valentin Djènontin et l’acteur de la société civile, Ernest Adjovi font un plaidoyer pour la sauvegarde de la démocratie béninoise. Ils ont adressé une lettre au président du Parlement européen.

benin legislatives 2019 lettre Tajani Eric Houndeté, Valentin Djènontin et Ernest Adjovi écrivent au président du Parlement européen pour la participation de l'opposition aux législatives 2019

 

Trois personnalités béninoises appellent le Parlement européen au secours de la démocratie en République du Bénin. Eric Houndeté, actuel vice-président de l’assemblée nationale, Valentin Agossou Djènontin, député béninois en exil en France et Ernest Adjovi, acteur de la société civile, ont adressé un plaidoyer à son excellence Antonio Tajani, Président du parlement européen. L’objet de la lettre en date du 12 avril 2019 dont Banouto a eu copie est clair: dénoncer «les menaces sur la démocratie» au Bénin d’une part et solliciter le concours du parlement européen pour sauvegarder la démocratie.

«En 30 années de Renouveau démocratique, le Bénin a organisé dans la paix et dans des conditions acceptables, 6 élections présidentielles, 7 élections législatives et 3 élections municipales, communales et locales», font savoir les trois personnalités à leur destinataire. Mais, regrettent-elles, depuis quelques semaines, voire quelques mois, ce mérite qu’a le Bénin semble être en déclin. «Aujourd'hui tout cet embelli démocratique est compromis et la démocratie elle-même gravement menacée», se désolent les trois Béninois.

Le gouvernement mis en cause

Selon Houndété, Adjovi et Djènontin, les autorités béninoises, travaillent à compromettre la démocratie par plusieurs moyens dont l’action phare est l’exclusion «arbitraire» des forces de l’opposition aux législatives du 28 avril 2019. «(…) Les actuelles autorités du Bénin se sont engagées dans une logique de remise en cause des acquis démocratiques du pays. (…) Le point d'orgue de cette politique de perversion démocratique est l'exclusion de tous les partis politiques de l'opposition du processus électoral en cours dans le pays», lit-on dans la correspondance.

Pour les auteurs de la lettre aux députés européens, le processus électoral actuellement en cours au Bénin est «injuste» et n’est rien d’autre que «la négation même de la compétition politique loyale, du pluralisme politique et de la démocratie représentative». Malgré tous les appels de la communauté régionale et internationale, font remarquer les rédacteurs, le gouvernement béninois et les institutions impliquées dans l’organisation n’ont pas daigné suspendre le processus.

«C'est dans le souci de recherche de solutions pacifiques pour le règlement de cette crise que nous venons vers vous. Notre peuple a l'une des cultures démocratiques les plus fortes en Afrique. (…) Nous venons à nouveau solliciter l'appui du Parlement Européen pour nous accompagner dans la lutte pour la sauvegarde de la démocratie au Bénin », lit-on dans la lettre. Houndété, Adjovi et Djènontin disent être «convaincus qu’un Bénin plus démocratique et plus juste contribuera à un monde plus sûr et plus stable.»

Le processus électoral suit son cours avec la descente de l’Union progressiste et du Bloc Républicain, les deux partis en lice, sur le terrain, pour conquérir l’électorat. Selon le calendrier de la commission électorale nationale autonome (CENA), la campagne électorale prend fin le vendredi 26 avril 2019, à minuit et les Béninois sont attendus aux urnes le dimanche 28 avril.